Retour sur les rencontres de l’innovation


La bienveillance, source de performance ?

Antoinette Prost, responsable des Etudes Marketing Stratégique d’AXA France prend la parole lors de la table ronde « Le bonheur des salariés et la bienveillance au bénéfice de la performance de l’entreprise » lors des rencontres de l’innovation organisées par le réseau Entreprendre le 19 novembre dernier.

Comment mieux travailler ensemble ?

Nous rencontrons régulièrement dans la presse économique des articles dénonçant le manque de bienveillance dans les entreprises, quand d’autres prennent soin de leurs salariés, et replacent l’humain au cœur de leur organisation.

Alors, bienveillance et bien-être, de nouvelles modes, ou un réel impact sur la performance de l’entreprise ?

A.P : Chez AXA, nous avons mis en place une charte permettant d’améliorer l’ambiance au travail, de la rendre plus agréable, mais surtout d’équilibrer le ratio vie professionnelle et vie personnelle.

Cette charte s’est appuyée sur une enquête portant sur les risques psycho-sociaux, terme pudique pour parler du stress, réalisée au titre de différents motifs :

  • Instaurer des règles pour mieux travailler ensemble, en se concentrant sur le stress et les emails,
  • Soutenir la promotion des femmes, qui souffrent d’une culture du présentéisme française, alors qu’il faut absolument distinguer efficacité et présence physique au bureau. Ces  réunions tard le soir ou le mercredi pénalisent davantage les femmes que les hommes, or nous avons besoin de ce vivier de femmes compétentes ;
  • Incarner une entreprise attractive pour les jeunes, qui portent comme les femmes ces valeurs d’équilibre de vie.
    Cette charte, qui a reçu l’Argus d’or de l’Assurance,  a été signée par tous les membres du ComEx, manifestant l’engagement de la direction générale en faveur de ces règles. Il était indispensable de montrer cet engagement, car il repose sur l’exemplarité. La charte a également été affichée dans les bureaux, dans les salles de réunion, et a été mise en scène dans les télévisions internes. Afficher en permanence a permis de mieux diffuser le message.

Comment mesurez-vous les résultats, et quels sont les facteurs clés de ces engagements ?

A.P : Le problème de ces études, c’est qu’on leur reproche d’être difficilement mesurables : ce sont des variables molles pour lesquelles il est difficile d’apporter des preuves tangibles. Nous faisons bien sûr état de moins d’absences, de plus de motivation et d’engagement dans nos équipes, et il existe un baromètre annuel chez AXA qui permet de donner la parole aux collaborateurs, ce qui nous semblait primordial.

Mais s’il est difficile d’évaluer ces résultats, on peut néanmoins mesurer l’engagement des collaborateurs : ainsi en France, 13% des personnes se sentent engagées dans leur entreprise, 61% viennent travailler par contrainte, et 28% se déclarent malheureuses. Ainsi, comment véritablement appliquer toutes ces bonnes initiatives ?

A.P : C’est une question difficile, car pour toutes les règles il faudrait prévoir une exception, celle qui fait que la règle a du sens. Concernant  les e-mails par exemple, pour lesquels il est parfois difficile de délimiter vie professionnelle et vie personnelle, il a fallu faire passer l’idée que l’esprit de la règle était plus important que la règle en elle-même. L’idée n’était pas d’obliger les managers à ne pas envoyer d’e-mails durant le weekend, mais bien qu’ils comprennent qu’il était préférable de différer ces envois. Inciter n’est pas contraindre.

Assistaient également à cette conférence : Nathalie Navaro, co-gérante de la société de services et de distribution informatique AXONE Group, Michel Sarrat, directeur de GT Location et fondateur du réseau Entreprendre en Ile de France, et Claude Solarz, vice-président du groupe Paprec. 

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